TRIBULATION N°23 - Avril 2004

Tu l’as vu

Mon corps de rêve ?

 

C’est un fait. Indubitable, aussi régulier que l’arrivée du printemps ou celle de la déclaration de revenus. Comme vous l’avez sans doute remarqué, nous voici donc revenues à l’heure des miraculeuses crèmes amincissantes. Moi, en tout cas, elles m’ont sauté aux fesses. Direct.

La totale

Parce que bon, pour ne rien vous cacher, je me suis quelque peu laissée aller, cet hiver. Comme tous les hivers, ben oui. Et donc, l’autre jour, alors que je célébrais l’arrivée du printemps breton sous un crachin digne du 23 novembre, dignement vautrée sur mon canapé à me gaver de fraises Tagada… Voilà ty pas que l’évidence me terrasse : fallait faire quelque chose. De magazines féminins en pubs télé, une sorte de message subliminal semblait me viser, moi, la trentenaire désabusée et « enkilosée ». J’ai eu beau couper la télé, mettre la radio et balancer les magazines, l’avenir s’étalait partout en lettres graisseuses : grosse j’étais, grosse je risquais donc de demeurer d’ici quelques petites semaines. Le cauchemar, quoi.  

J’ai donc plongé la tête dans la poubelle… Non, je vous rassure, ceci n’est pas une nouvelle forme de suicide urbain, juste une façon assez logique de récupérer les magazines que je venais de jeter, et d’y fourguer par la même occasion la fin du paquet de Tagada, et les trois tablettes de côte d’or aux noisettes et nougatine...

Contrex en main, je me suis mise au boulot. Quatre magazines = 19 crèmes amincissantes recensées, toutes plus bouffe-capitons les unes que les autres. Vu l’ampleur du boulot que me laissait supputer la fermeture éclair à la limite de d’explosion de mon jean, j’ai opté pour la solution radicale. A la caisse de la parapharmacie, munie des 19 références à 100 euros le tube minimum, j’ai eu une pensée émue pour l’un de mes exs, banquier de profession…

Marathon anti-capitons

Le souci, c’est que 19 crèmes pour une seule paire de cuisses, même généreuses, ça fait beaucoup à étaler en un week-end. Rien ne pouvant cependant brider ma détermination, j’ai donc opté pour un massage toutes les dix minutes, en alternant les produits, histoire de démultiplier les effets. Entre deux, bouillon de légumes et vélo d’appartement. Le tout pendant les 29 heures qui me restaient avant le lundi matin.

Bon, y’a eu un résultat. Pas vraiment celui que je recherchais mais qui ne tente rien... A la17è application, mes capitons ont tiré la sonnette d’alarme, genre éruption volcanique du siècle. A trois heures du mat’, SOS médecin me prescrivait 15 jours d’arrêt. Logique, vu que je ne peux plus rien me mettre sur le derrière tant j’ai la peau à vif. Mais bon. Ca me laisse toujours un délai supplémentaire pour me préparer. Histoire d’être d’attaque pour aller plaider la bonne foi devant mon banquier. 2000 euros pour un corps de rêve… Il serait vraiment malhonnête de ne pas m’accorder un petit crédit. Allez, vu nos antécédents, je suis même prête à lui prouver les bienfaits des crèmes amincissantes sous ma couette ! Et même si les dits produits n’ont pas franchement fait eu l’effet désiré sur mes jolies gambettes, là n’est pas la question : cet homme a toujours eu un faible pour les rondeurs…

 

 

               Soaz