TRIBULATION N°22 - Mars 2004 Contribution au débat L’heure est grave, et je ne rigole pas. Pour une fois, profitez-en, ça ne devrait pas durer. Mais sait-on jamais. Donc, l’heure est grave, même très grave, et pourrait l’être encore bien plus si, dans les semaines à venir nous ne trouvons pas de quoi nous motiver pour aller déposer nos petits bulletins citoyens dans l’urne. Eh oui, je sais, cantonales ou régionales, même combat : ça ne vous dit rien, moi non plus et si jamais il fait beau ce dimanche là, il est bien possible que nous nous mettions tous notre devoir citoyen où je pense, pour aller faire un tour à la plage… Tant pis, je me dévoue Eh bien, cette fois, je dis non ! Pas question de se défiler, juste parce que les candidats sont soit très moches, soit très bêtes, soit très moches et très bêtes. Certes, il n’est pas donné à tout le monde d’avoir un corps de rêve et l’intelligence qui va rarement avec, mais il faut bien reconnaître que le milieu de la politique semble avoir carrément exclu ce genre de critères. Avec la parité, on avait pu croire que ça allait s’arranger… C’était un tort. Et même si je suis assez pour le retour de la mode des seventies, il y a des limites, que nombre de candidates ne semblent pas avoir perçues. Passons, tout cela n’a plus vraiment d’importance, puisque j’ai décidé d’y remédier, en me lançant dans la campagne. Oui, comme je vous le dis, et comme vous le verrez d’ailleurs très bientôt sur les panneaux d’affichage de notre beau département (ben oui, maintenant, faut que je fasse gaffe, je suis là pour parler aux gens dans le sens du poil). Soaz Jones, candidate pour une politique qui en jette, enfin ! C’est pas du slogan, ça ? Pour le parti, excusez-moi de la remarque, mais ce genre de choses est d’un ringard de nos jours… Donc, ni à droite, ni à gauche, ni au milieu, ni dans les coins, je me présente librement comme la candidate par laquelle le monde politique local va enfin avoir de la gueule ! Des économies pour la bonne cause Mon programme est simple, il fallait juste y penser. D’abord, les costumes trois pièces gris souris-pourri et les tailleurs à carreaux assortis à la couleur du fond de teint seront systématiquement exclus de l’assemblée départementale. A la rigueur, si les élus ont une bonne tête, il leur sera possible de quérir une subvention pour relookage. Deuxième règle : les pas beaux et très cons n’auront pas non plus droit de cité, règle valable également pour les femmes, parité oblige. Une fois ce toilettage effectué, il faudra bien sûr penser à la tenue des débats. Et là, pas de favoritisme. Le premier qui commence à parler mutualisation des actions, fédération des forces vives et autres dynamisations des potentiels professionnels locaux se verra aussi sec mis à l’amende. De quoi renflouer assez fréquemment les finances du département, si l’on s’en tient aux discours habituels. Avec tous ces sous, bien sûr, on se paiera des gueuletons du feu de Dieu. Faut bien qu’on ait des compensations à nos fonctions dévouées de représentants du peuple, hein. Scoop : M6 est sur le coup Côté grandes orientations du budget, il faudra bien évidemment penser à créer une agence de rencontres à l’échelle du département. Organiser des speed-datings géants. Je vous vois sourire, mais n’empêche que ça va en créer de l’emploi tout ça. Pour redorer un peu l’image locale, j’ai aussi pensé à organiser des supers grosses fêtes dans les ports, tous les étés. Cela supposera bien sûr quelques restrictions dans l’année, mais il faut savoir se donner les moyens de ses ambitions. En l’occurrence faire venir les plus beaux célibataires de toute la France à Brest même. Un partenariat avec M6 est d’ores et déjà en cours de négociation. Voilà. Pour les détails, veuillez contacter mon attaché de presse, ou vous rendre aux apéros de campagnes, où nous aurons l’occasion de parler de choses sérieuses, et notamment de bons vins. Vous voyez bien que ce n’est pas si difficile que ça de reprendre goût à la politique… Suffit juste de savoir se tenir à quelques priorités et un peu de bon sens…
Soaz |