TRIBULATION N°21 - Février 2004

Aloooooors ? Ce début d’année ? Ca va, vous tenez le cap ? Les bonnes résolutions, tout ça ? Non ? Vous me décevez. Sincèrement. Et ne prenez pas la pose de l’outragé en pensant tout haut que la petite dame, là derrière son clavier, elle ferait mieux de regarder dans son jardin avant d’aller critiquer. Eh ben, justement, mon jardin, je l’ai cultivé, moa. Et pas qu’un peu.

J’ai pas arrêté la clope, non. Je crois toujours à l’arrivée en colissimo du prince charmant, sans frais de port. Mais je ne désespère pas. Car, mes aventures du mois m’ont cette fois prouvé sans erreur possible que j’étais une forte femme.

 La graisse ne fait pas grossir

 Comme tous les ans, j’ai donc démarré janvier en me disant que cette fois, fallait arrêter : régime ! Connaissant ma propension à arrêter la diète aussi vite que je la commence, je me suis en quête, sur le net, du régime miracle. Un vrai truc sérieux, qui tient la route, et qui me garantisse un corps de rêve sans efforts et sans privation. Au deuxième clic, je suis tombée dessus. Le régime Hatkins, ça s’appelle, et selon les plus éminents spécialistes d’outre Atlantique (vu le nombre d’obèses au m², on peut imaginer le nombre d’experts ès perte de poids que le pays doit compter), c’est infaillible. La méthode fait actuellement fureur auprès de millions d’Américains, c’est dire si c’est fiable. D’ailleurs, rien qu’à lire le principe, on se demande comment on n’y avait pas pensé avant. Pour faire court, il s’agit tout simplement de mettre un mouchoir sur toutes les idées stupides de diététique qu’on a pu vous faire avaler jusque là, pour vous rendre à l’évidence : manger de la graisse en quantité ne fait pas grossir. Vous doutez ? Moi plus du tout.

Sur les bons conseils du Dr Hatkins, j’ai dit adieu  aux légumes tristes, fruits d’hiver pâlots, compotes et autres jus de fruits vitaminés, et célébré les joies quotidiennes des pavés de bœuf, tartares bien gras, et autres frites. Quatre œufs bacon le matin, un bon vieux steack frites à midi, un poule au pot, voire un bœuf bourguignon le soir (vous enlevez juste les carottes) : qui c’est qui a dit que c’était triste un régime ? En tout cas, dans le genre radical, on fait pas mieux. Au bout de 15 jours, rien que de penser aux quatre trucs immondes et baveux que j’allais devoir avaler au saut du lit, j’allais direct vomir dans les toilettes. Ce qui a fait fuir mon mec du moment, qui a cru que c’était le signe avant-coureur d’une progéniture non déclarée.

 The scoop de l’année

 Mais dans l’histoire, j’ai pas tout perdu. Parce que si le dit régime m’a fait prendre six kilos en deux semaines, la vision de ce chiffre d’horreur m’a fait, sans mauvais jeu de mot, un effet bœuf. En deux temps trois mouvements, le frigo s’est retrouvé vierge de tout ce qui pouvait ressembler à de la bidoche. Dans les quinze jours qui ont suivi, la seule nourriture envisageable s’est nommée salade. Sans sauce. Score final : ex aequo avec mon poids d’avant. Je sais, on peut penser que ça fait beaucoup d’efforts pour pas grand-chose, d’autant que dans l’histoire, j’ai quand même perdu un chéri de plus. Oui mais. Sans être passée par là, je n’aurais pas été en mesure de vous révéler le scoop de l’année : faut jamais croire un Américain quand il vous jure qu’il dit la vérité. Ca finit au mieux par des kilos en trop, au pire par une guerre. Ah bon, vous étiez déjà au courant ?

 

               Soaz