TRIBULATION N°18 - Novembre 2003 Demain j’entre au couvent, ou je me mets aux drogues dures. La troisième possibilité étant que je reprenne la clope. Eh oui, comme beaucoup, je suis récemment passée dans la catégorie des potentiels non-fumeurs. Non sans dégâts collatéraux. A raison d’un paquet par jour, que je multiplie par 365 jours, que je surmultiplie par quinze années de pratique intensive, y’avait du boulot, je vous l’accorde. Mais à ce point… Des ratés dans le moteur Ayant préalablement viré tous mes mignons briquets roses et mauves, mes cendriers design, et récuré l’appart à l’eau de javel histoire de faire table rase des odeurs de tabac froid de mon ancienne vie, je me suis donc jetée à l’eau. Les premiers jours, ça a été du bonheur. Un vrai parcours de santé. Le tout avec le sourire, quatre bouteilles de Contrex quotidiennes, et deux paquets de Chupa Chups en sus. Découvrir la vie sans tabac, c’est tout simplement idyllique. Au début. Très vite pourtant, il y a eu comme qui dirait des ratés dans le moteur. Des envies de mettre une tête à la dame de la poste qui m’explique, avec son air aimable de d’habitude, que non elle ne prendra pas mon colis ce soir parce que dans dix minutes elle ferme. Des besoins de prendre le sale môme qui hurle depuis un quart d’heure à la caisse de chez Champion, de le prendre, donc, par le fond de la couche et d’aller lui mettre la tête dans la poubelle. Des accès de violence patentée vis-à-vis de l’espèce d’enfoiré doublé d’un goujat qui vient de me piquer mon créneau. Adieu couvent, Vive la religion du massage « Faut faire du sport, t’as que ça comme solution. Ou alors les kilos », m’a gentiment conseillé ma copine Soso, forte de son expérience de non-fumeuse devant l’éternel. Moi, du sport !?! On aura tout vu. Mais plutôt que de perdre la face devant les pétasses du bureau, autant renier d’abord toutes ses convictions. D’où les séances de piscine entre midi et deux. Le jogging avant d’aller bosser, les cours abdos fessiers le soir après le boulot. Et une Soaz au bord de l’épuisement en moins de 15 jours. Mon nouveau chéri, qui avait arrêté depuis trois ans, a pris son sac et le chat s’est définitivement décidé à emménager chez la voisine du dessous. Merci M’sieur Mattéi. Avec tout ça, tu peux être sur que ton trou dans la Sécu, il ne va pas s’en remettre. Parce que pour me consoler, vu que je pouvais pas le faire avec une clope, j’ai été me faire un jogging. Résultat : un beau claquage, et un diagnostic de méga-dépression. Trois mois d’arrêt. Dernier conseil de l’interne : « Une petite clope de temps en temps, ça n’a jamais fait de mal à personne ». Forcément, je l’ai tout de suite trouvé beaucoup plus séduisant le garçon. D’ailleurs, on a déjà pris rendez-vous pour les massages à domicile… Pas si sûr que je rentre au couvent en fait. Soaz |