TRIBULATION N°14 - Juin 2003

Nous y voilà. Enfin, m'y voilà. Et je vous le dis, ça n'a pas été des plus simples. Parce que, je ne vous apprendrai rien en vous disant que la technologie et moi, ça fait deux. Or, pour continuer à communiquer avec vous, il a bien fallu que je m'y mette, à Internet. Et très franchement, je trouve assez indécente la façon dont on nous survend la facilité d'usage du machin.

Le porto de mon adolescence

« Pour vous, j'ai exactement ce qu'il faut. Une super affaire, avec mémoire vive qui va bien, connexion ADSL plein pot et service après-vente gratuit ». Avec un sourire ultra-brite comme ça, il doit réussir à en fourguer un sacré paquet, de ses ordis pourris, le vendeur de chez Mamouth. Moi, en tout cas, une fois que j'ai obtenu son numéro perso et ses mensurations, je lui ai tout accordé.. Eh !  En tout bien tout honneur, hein. J'ai pris le pack complet, avec imprimante dernier cri, écran plat top design, budget à provoquer l'infarctus fatal à mon banquier, et rendez-vous au bar à tapas du port pour le samedi suivant. On ne se refait pas, que voulez-vous.
Les soucis ont commencé quand je me suis décidée à assembler les éléments de mon nouveau lego, mode d'emploi en portugais à l'appui. J'ai pris un sacré coup de vieux, d'un coup : hormis mon penchant certain pour le porto, mon séjour d'adolescence au Portugal ne m'a pas laissé grand souvenir. Résultat : j'ai branché l'imprimante à l'envers, tenté de connecter le clavier sur la prise internet, et finalement failli griller mon nouveau jouet en moins de temps qu'il ne m'avait fallu pour me mettre le joli vendeur dans la poche.

Rapport de voisinage

Bref, au bout de deux heures en tête à tête avec cette salo.saleté de machine, j'ai ravalé ma fierté, et frappé chez le voisin. Le nouveau voisin, qu'avait quand même l'air pas mal quand il montait son canapé, tous biceps sortis. Là, il a laissé de côté l'aspect Rambo pour révéler son côté intello. En deux temps trois mouvements, mes pièces détachées formaient un tout assez flatteur. Le monsieur a même poussé la politesse jusqu'à vouloir m'expliquer comment on se servait de la chose. Mais là, j'ai poliment décliné, au motif que je ne suis pas une cruche, tout de même. Arguant du fait que je suis journaliste, oui môssieur. Alors, hein, ce n'était pas à moi qu'il allait faire la leçon.
Résultat, le bonhomme a refusé l'apéro pourtant gentiment offert, et m'a dit de me démerder toute seule puisque j'avais l'air de si bien m'y connaître. Mufle. Il aurait quand même pu attendre qu'on fasse plus amplement connaissance : j'ai toujours des réticences à dévoiler mes faiblesses à un inconnu. Tandis qu'une fois les préliminaires passés, je me montre assez ouverte à la leçon. Il sait pas ce qu'il perd, lui.

Apprentissage express

Le petit bonhomme du service après-vente, lui, il sait ce qu'il a gagné. Pendant une semaine, je l'ai appelé tous les jours, avec une moyenne quotidienne de quatorze coups de fils. Faut ce qu'il faut. Ca a payé, au bout du 9è jour : le petit génie a craqué, et s'est pointé à la maison, pour me donner un cours particulier. A ses côtés, j'ai compris comment ouvrir un document (eh oui !), donc taper un texte. Et le sauvegarder. Quant à la construction du site. Je ne vous cacherai pas que cela m'a demandé beaucoup, beaucoup, de travail de persuasion sur le jeune homme. Mais vu qu'il avait le gîte, le couvert, et la maîtresse de maison en prime, il ne s'est finalement pas trop fait prier pour me concocter le sympathique hébergement que vous visitez actuellement. Depuis, mon voisin continue de me faire la gueule, mais tant que j'ai mon nouveau mec sous la souris, pas de souci. Et si jamais il bugue, il sera toujours temps d'inviter le voisin à une démonstration d'informatique un peu poussée. J'apprends très très vite, quand je veux.   
     

 

Soaz