TRIBULATION N°6 - Septembre 2002

Vieilles Charrues, Astropolis, Bout du Monde : avouez que pour quelqu'un qui n'avait pas de vacances, le palmarès est impressionnant. Le savon que m'a passé mon boss pour absentéisme flagrant l'a été tout autant, mais on n'a rien ans rien. Or, ayant décidé de faire une pause dans la série de mes amours catastrophiques, fallait bien que je trouve un autre but dans la vie. Et je me suis dit que star, ça m'irait bien. En jetant un oeil à la sympathique photo ci‑jointe, vous, conviendrez que j'ai assuré, comme une bête... Allez, puisque vous insistez, je vous raconte.

 Adieu coupettes...

 Tout était merveilleusement parti. En qualité de bénévole dûment inscrite sur les listes depuis des mais, je m'voyais déjà m'enfiler coupette sur coupette au bar VIP des Vieilles Charrues, échangeant un regard complice avec l'ami Miossec, tandis que Tiersen me parlerait de son fabuleux destin, et que De Palmas me ferait les yeux doux.

 Les choses n'ont hélas pas tout à fait pris la tournure prévue. Ils auraient quand même pu me préciser d'entrée que le statut de bénévole, en sus du sésame pour la cour des stars,

 exige des contreparties... Et qu'au lieu de savourer les cocktails VIP, j'allais me coltiner trois soirs de suite à servir des hectolitres de Coreff au bar 8. Je ne vous raconte pas la gueule des stars pendues à mon comptoir...

 Bonjour fourgonnette

 Pas découragée pour deux sous, j'ai embrayé sur Astropolis,non sans avoir longuement répété mon répertoire dans ma baignoire. Le souci, c'est que je n'avais pas fait gaffe à la programmation. Et que du coup, ma prestation, perchée sur le capot de ma bagnole, à hurler du Brigitte Fontaine, une bouteille de champ' en guise de micro, n'a guère fait mouche. Sauf chez les gendarmes de patrouille, qui ont fini par m'embarquer, direction la cellule de dégrisement.

 Toute honte bue (!), j'ai décidé de jouer ma dernière carte au festival du Bout du monde. Bien décidée à conquérir mon public, je n'ai pas lésiné sur les moyens. Le teint hâlé à grande., louches d'auto ,bronzant, la silhouette avantagée par une petite robe aussi courte que ma cellulite nie le permet, me voici donc un route vers mon heure de gloire. Qui s'est résumée à la conquête de mon voisin de tente, ce qui vous l'avouerez n'est déjà pas si mal ! Et m'a en tout cas confortée dans l'idée que j'étais décidément plus douée pour ce genre d'exercice que pour la vie de star...

 Mais alors, d'où je la sors cette photo ? Je vous rassure tout de suite :il s'agit effectivement de Miossec s'extasiant sur ma pomme. Mais pour être totalement honnête, je rajouterai que si on ne peut plus se faire de petits plaisirs en bidouillant deux photos sur Photoshop. la vie serait d’ un triste...

Soaz  

Tribulation tirée de Un Autre Finistère