TRIBULATION N°2 - Avril 2002

Y'a plus de saison. Avant, l'arrivée du printemps, c'était les oiseaux qui gazouillent, et les amoureux qui s' bécotent sur les bancs publics, bancs publics...

 Bonjour déprime.

Là, j'hallucine. Bien boudinée clans mon panta‑court un rien trop étroit (ce que ça peut rétrécir au lavage, quand même !), j'assumais mes rondeurs en attendant le prince charmant du printemps. C'est alors que je suis tombée sur les unes des magazines. Adieu romance, bonjour déprime le régime y semblait de saison. Perdez 12 kilos en 12 jours, 6 centimètres de tour de cuisse en moins de 2 semaines... Étrangement, j'ai pris la chose comme une attaque personnelle. Et décidé de relever le défi.

Première étape, on se pèse (des fois que le pantalon ait vraiment rétréci). Deuxième étape, le test de la balance s'étant révélé ,sans appel, on vire du frigo les rillettes, la mayo et les tiramisu en lot de 72. Troisième étape, on pleure.

 Une autre femme

 Et le marathon commence. Fini le rayon traiteur, l'abonnement au marché de Kérinou s'imposait. Dans mon panier . poireaux, courgettes, pommes et salade. Dans mon for intérieur, une légère morosité à l'idée des menus à venir.

 J'ai tenu 2 semaines. Jogging le matin (enfin... un matin), 3 litres d'eau par jour, un bol de brocolis accommodé de fromage blanc à 0 % de matières grasses (et de goût) à midi, une heure à la piscine de Recouvrante le soir, un bon (on se motive comme on peut !) bouillon de légumes avant d'aller au lit. Une autre femme, quoi.

 Vive les banc publics

 Et une nouvelle vie, ça se fête, non ? Ben si. Au bout de 15 jours d'abstinence et 3 kilos en moins, j'ai donc accepté l'invitation à la soirée de mon pote Yannick. Le lendemain, histoire de me redonner du coeur au régime, je suis remontée sur la balance. J'aurais p'tet pas dû : mon solde de kilos en moins semblait avoir mal digéré les cahuètes de la veille...

 Dehors, il pleuvait comme un samedi de printemps brestois. Et j'ai réalisé l'arnaque : un régime à trois mois de l'été, c'est pas raisonnable. Surtout que dans le coin, le maillot sert quand même moins que le ciré. Du coup, je me suis ruée à la boulangerie. Et, mes quatre croissants «au beurre siouplé, sous le bras, j'ai replongé sous la couette, aux côtés de mon homme tout neuf de la veille. Pour lui glisser que, décidément, j'irais bien faire un tour du côté des bancs publics...

Soaz  

Tribulation tirée de Un Autre Finistère